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Reunion du 30 juillet 2009 à Hydra
Le Docteur Ahmed DJOGHLAF,

Sous-secrétaire général aux Nations Unies,

Secrétaire exécutif de la convention onusienne sur la biodiversité (Montréal) a animé le 30 Juillet dernier une conférence au siège de la Sonatrach . Le conférencier a été invité par l'Association des Médersiens.
Lettre ouverte au Docteur A. DJOGHLAF,
Sous-secrétaire général aux Nations Unies,
Secrétaire exécutif de la convention onusienne sur la biodiversité (Montréal).
Lettre ouverte au Docteur A. DJOGHLAF,
Sous-secrétaire général aux Nations Unies,
Secrétaire exécutif de la convention onusienne sur la biodiversité (Montréal).

Monsieur,

Je tiens tout d’abord à vous remercier vivement d’avoir bien voulu animer la conférence ayant pour thème « Environnement et sécurité » organisée le 30 Juillet 2009 à Alger au siège de la SONATRACH, par l’Association des anciens médersiens.

L’état des lieux que vous avez dressé est très clair : la menace sur l'environnement est bien réelle ; il nous met en garde sur les conséquences de l’érosion de la biodiversité et les déséquilibres de l’écosystème dus principalement à un progrès technique qui ne tient pas compte de tous les aspects de la vie humaine, un progrès à n’importe quel prix.
Surexploitation, surpêche, déforestation, pillages et gaspillages des ressources naturelles (matières premières et eau …) avec tous les effets néfastes sur la nature même et par voie de conséquence sur le bien-être humain : désertification, pollutions atmosphériques et nuisances, fluctuations climatiques naturelles et réchauffement de la terre, disparition de certaines espèces vivantes, problèmes de santé, de sécurité alimentaire et énergétique, naissance de conflits régionaux et géostratégiques…
La liste des dégâts que vous avez recensé est malheureusement bien longue menaçant toute sorte de vie sur la terre ; l’homme est à la fois la cause et en sera la principale victime.

Plusieurs intervenants au cours de cette conférence très intéressés par des solutions novatrices pour faire face aux défis de l’environnement et au bouleversement des équilibres écologiques ont insisté sur le rôle de l’Etat et de la législation, de la sensibilisation de tous les acteurs économiques et sociaux, sur les questions relatives à l’aménagement du territoire et au tissu urbain, la place de l’information et des médias, le rôle de l’éducation… mais comme vous l’avez justement dit, il s’agit surtout d’une culture de l’environnement à inculquer à tout un chacun.

En tant qu’ancien cadre du secteur industriel algérien, j’ai eu avec mes collègues à approcher et à affronter directement ces problèmes et particulièrement au niveau de certaines filières industrielles réputées polluantes et grosses consommatrices d’eau (cimenteries, tissage et teinturerie, industrie du cuir et de la maroquinerie, lavage des grains pour la trituration, l’industrie du papier et de la cellulose, l’industrie chimique et pétrochimique…).

Plusieurs rapports ont traité de la problématique industrielle de l’environnement en Algérie et des solutions préconisées optant pour des technologies propres nécessitant souvent des coûts assez élevés.

Les solutions que nous avions concrétisées à l’époque sur le terrain (recyclage des eaux usées, récupérations et traitement des déchets, électro-filtres, options de projets industriels dits secs…)   ont constitué quelques réponses à ces questions pour protéger l’environnement et réduire les émissions polluantes dans l’air, l’eau et le sol mais se sont avérées insuffisantes. Les mêmes problèmes se posent malheureusement aujourd’hui avec la même acuité pour l’industrie algérienne.

L’objet de cette lettre fait suite à votre souhait et comme je vous l’avais promis au cours de la collation, de vous transmettre quelques versets du Saint Coran et quelques hadiths qui traitent des questions de l’écologie et de la protection de la nature ; ils éclairent les lecteurs non musulmans sur la vision de l’Islam des éthiques environnementales.

Pour l’Islam, « Respecter l’état de la nature c’est respecter Dieu », le rapport de l’homme avec la nature, n’est pas seulement matériel mais spirituel aussi. Comme il est souvent dit : « l’Islam est une source inépuisable de sagesse et de réflexion qui, en méditant sur l’œuvre de Dieu, puise des raisons de croire et d’espérer ».

« En vérité dans la création des cieux et de la terre et dans l’alternance de la nuit et du jour il y a des signes pour ceux qui sont doués d’intelligence ! » Sourate Âli I’mrane Verset 190.

En qualité de vicaire ou gérant (khalifa) de Dieu sur terre, l’homme est invité à méditer et à étudier l’organisation de cette nature, l’un des merveilleux chefs-d’œuvre du Créateur ; elle est une source d’inspiration spirituelle.

Nous lisons dans la Sourate El Mulk versets 3 et 4:
« Celui qui a créé sept cieux superposés sans que tu vois de disproportion en la création du Tout Miséricordieux. Ramène (sur elle) le regard. Y vois-tu une brèche quelconque ? »
« Puis retourne ton regard à deux fois : le regard te reviendra humilié et frustré ».  

Nous lisons dans la Sourate Ibrahim :
« Dieu est Celui qui a créé les Cieux et la Terre et qui, du ciel, a fait descendre une eau grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. Il a mis à votre service les vaisseaux qui, par Son Ordre, voguent sur la mer. Il a mis à votre service les rivières ». S 14 V 32

« Il a mis à votre service le soleil et la lune, assujettis à une perpétuelle révolution. Il a mis à votre service la nuit et le jour ». S 14 V 33

« Et Il vous a accordé de tout ce que vous lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. L’homme est vraiment très injuste, très ingrat » S 14 V 34.

La nature et ses ressources ont été créées non seulement pour l’homme mais pour tous les êtres vivants. Nous lisons Sourate Errahmane 55 versets 10-12 :

« Quant à la nature, il l’a préparée pour tous les êtres vivants ».
« Il s’y trouve des fruits et des palmiers aux fruits recouverts d’enveloppes ».
« Tout comme les grains dans leurs balles et les plantes aromatiques »

Certains Sourates portent comme titre le nom d’animaux (La Vache, les Fourmis, les Abeilles etc…).

« Il n’est bête sur la terre ni oiseau volant de ses ailes qui ne forment des communautés semblables à vous …». Sourate El An’âam 6 Verset 38.    

Cette Nature est généreuse grâce à Dieu mais bien fragile ; elle obéit à des lois.
Dieu nous met en garde:

« Ne faites pas nuisance à la Terre alors qu’elle a été mise en ordre par Dieu ».

«La corruption est apparue sur terre et dans la mer pour ce que les gens ont acquis de leurs propres mains afin qu’Il leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont fait, peut-être reviendront-ils ? » Sourate Errûm 30 V41.

« … Et ne commettez pas de corruption sur la terre après sa réforme » Sourate El A’arâaf 7 Verset 85.

Le Saint Coran nous recommande de préserver l’équilibre de toutes les créations :

« Et il n’est rien dont Nous n’ayons les réserves et Nous ne le faisons descendre dans une mesure déterminée ». Sourate Al Hidjr 15 Verset 21.  

Quelques adiths du Prophète Mohammed - paix et bénédiction sur lui -:
“Chaque musulman qui plante une plante [arbre ou autre], alors tout ce qui en sera mangé sera compté pour ce musulman comme acte de charité. Tout ce qui en sera volé sera compté pour lui comme acte de charité. Tout ce qu’un animal en mangera sera compté pour lui comme acte de charité. Tout ce qu’un oiseau en mangera sera compté pour lui comme acte de charité” (rapporté par Muslim).

“Si la fin du monde venait à survenir alors que l’un d’entre vous tenait dans sa main une plante, alors s’il peut la planter avant la fin du monde, qu’il le fasse !” (rapporté par Ahmad).
L’Imâm Ibn Mâjah rapporte qu’une personne faisait ses ablutions en utilisant trop d’eau. En le voyant, le Prophète — paix et bénédiction sur lui — dit : "Pourquoi ce gaspillage ?" L’homme dit : "Peut-il y avoir gaspillage dans les ablutions aussi, Ô Messager de Dieu ?" Le Prophète — paix et bénédiction sur lui — répondit : "Oui, même si tu es au bord d’un fleuve."
Nombreux d’autres versets coraniques et adiths traitent des questions de l’écologie, de la protection de la nature et de l’environnement, méritent d’être lus et étudiés. Je tiens à rappeler que le mot « Terre » est cité plus de quatre cent fois dans le Saint Coran ; le mot « Eau », source de vie, y est cité plus d’une soixantaine...
Très haute considération.
Belkacem Rabah Mohamed.
Ancien cadre de l’industrie.
Ancien maître assistant à l’université d’Alger.
Economiste, Consultant.